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IA dans les musées : vers une nouvelle expérience culturelle ? Retour du SITEM au Louvre

IA dans les musées : comment l’intelligence artificielle transforme-t-elle l’expérience culturelle ?

Le SITEM, organisé au Louvre, réunit chaque année les acteurs des musées, de la culture et du tourisme autour des innovations du secteur.

Présent pour rencontrer plusieurs agences et partenaires, un constat s’impose : l’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif, elle commence à s’intégrer concrètement dans les expériences proposées aux visiteurs.


Pourquoi parle-t-on autant d’IA dans les musées aujourd’hui ?

Les institutions culturelles font face à plusieurs enjeux majeurs. Il s’agit d’abord de faire revenir les publics vers la culture, dans un contexte où les usages numériques ont profondément transformé les attentes. Il faut également rendre les contenus plus accessibles et pédagogiques, tout en captant l’attention de publics variés, parfois peu familiers avec les codes muséaux traditionnels. À cela s’ajoutent des contraintes opérationnelles, comme la gestion de flux de visiteurs importants ou l’accueil de publics internationaux.

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle permet de faire évoluer les formats existants. Elle transforme des contenus statiques en expériences interactives, fait évoluer les audio-guides vers des logiques conversationnelles et ouvre la voie à des parcours personnalisés.

L’objectif n’est pas de remplacer les dispositifs existants, mais de les enrichir et de les rendre plus vivants.


Comment l’IA permet-elle de créer de nouvelles interactions avec la culture ?

Un cas particulièrement inspirant est proposé par le The Dalí Museum avec l’expérience Ask Dalí.

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Le dispositif repose sur un objet iconique : un téléphone en forme de homard, directement inspiré de l’univers de Salvador Dalí.

Le principe est volontairement simple. Le visiteur décroche le téléphone, pose une question libre, et une voix lui répond comme si Dalí lui-même s’exprimait.

Cette expérience fonctionne particulièrement bien car elle repose sur une interaction immédiate, sans interface complexe. Elle introduit une dimension ludique et surprenante, tout en créant une forte immersion. Le visiteur n’a plus le sentiment de consulter un contenu, mais d’entrer en dialogue avec l’artiste.

L’IA ne se contente pas ici de transmettre une information. Elle devient un vecteur d’expérience.

Comment fonctionne concrètement une expérience comme “Ask Dalí” ?

Derrière cette expérience immersive, plusieurs briques technologiques sont combinées de manière cohérente.

Une base de connaissances est d’abord constituée à partir de contenus fiables, comme des interviews, des écrits, des archives ou encore des éléments biographiques. Cette base joue un rôle central : elle permet d’ancrer les réponses de l’IA dans des informations vérifiées.

Cette approche s’apparente à ce que l’on appelle un RAG (Retrieval-Augmented Generation), c’est-à-dire un système dans lequel l’IA va chercher des informations dans un corpus défini avant de générer une réponse.

À partir de cette base, un modèle de langage (LLM) est utilisé pour formuler les réponses. Une couche vocale vient compléter le dispositif, avec la reconnaissance de la parole pour comprendre la question du visiteur, puis la synthèse vocale pour restituer la réponse.

Contrairement à une idée reçue, l’IA ne “devine” pas. Elle s’appuie sur un corpus structuré pour produire des réponses cohérentes et contextualisées.

Le travail éditorial reste déterminant. Il permet de garantir la cohérence des réponses, le respect du ton de l’artiste et la fiabilité globale de l’expérience.

👉 https://thedali.org/exhibit/ask-dali/


Quels sont les cas d’usage concrets de l’IA dans les musées et la culture ?

Au-delà de cet exemple, plusieurs usages émergent clairement et répondent à des besoins concrets.

L’IA permet d’abord d’améliorer la médiation culturelle en offrant la possibilité de poser des questions en langage naturel. Elle adapte le niveau de discours en fonction du visiteur et propose des explications complémentaires à la demande, rendant l’expérience plus accessible.

Elle transforme également les audio-guides traditionnels. Là où ces derniers proposaient un contenu figé, l’IA introduit de l’interaction. Le visiteur peut poser des questions, approfondir un sujet ou adapter son parcours en temps réel.

L’expérience visiteur elle-même est enrichie grâce à des recommandations personnalisées, des contenus contextualisés selon la position ou les centres d’intérêt, ou encore des dispositifs immersifs intégrant la voix, des avatars ou des installations interactives.

En parallèle, l’IA apporte aussi de la valeur en interne. Elle facilite l’accès à la documentation, accompagne les équipes dans la médiation, aide à la génération de contenus pédagogiques et participe à la préparation des visites ou des expositions.


Quel rôle pour l’IA dans les offices de tourisme et les loisirs ?

Les acteurs du tourisme, également présents au SITEM, s’intéressent de près à ces évolutions. L’IA permet notamment de proposer des assistants disponibles en continu, capables de répondre en plusieurs langues et de recommander des activités en fonction du profil du visiteur que ce soit par téléphone, whatsapp, sur le site web ou via un avatar.

Elle accompagne ainsi l’utilisateur avant, pendant et après sa visite, en créant une continuité dans l’expérience.


Comment l’IA transforme-t-elle aussi l’événementiel et l’expérientiel ?

Au-delà des musées et du tourisme, ces usages s’étendent naturellement à l’événementiel, un secteur où l’expérience utilisateur est centrale.

Les agences événementielles explorent de plus en plus l’IA pour proposer des dispositifs interactifs et immersifs, directement inspirés de logiques comme celles d’Ask Dalí. L’objectif est de créer des expériences mémorables, capables de capter l’attention dans des environnements souvent très sollicités.

Dans ce contexte, l’IA permet d’imaginer de nouveaux formats. Des assistants conversationnels peuvent accompagner les participants pendant un événement, répondre aux questions logistiques ou orienter les visiteurs en temps réel. Des expériences vocales ou incarnées peuvent également être mises en place pour créer des interactions originales, par exemple avec une personnalité, une marque ou un univers narratif.

L’IA permet aussi de personnaliser l’expérience à grande échelle. Chaque participant peut recevoir des recommandations adaptées à son profil, accéder à des contenus spécifiques ou vivre un parcours différent.

Enfin, ces technologies permettent de prolonger l’expérience au-delà de l’événement lui-même. Un assistant peut continuer à interagir après l’événement, partager des contenus, répondre à des questions ou maintenir le lien avec les participants.

L’IA devient ainsi un outil au service de l’expérience globale, et non uniquement un dispositif ponctuel.


L’IA dans la culture est-elle un gadget ou une vraie transformation ?

Tous les projets ne se valent pas et certains restent encore au stade de démonstration. Cependant, les expériences les plus réussies présentent des caractéristiques communes. Elles apportent une réelle utilité au visiteur, s’intègrent de manière fluide dans le parcours, mettent la technologie au service du contenu et adoptent une approche centrée sur la médiation.

L’exemple d’Ask Dalí montre que l’IA peut dépasser l’effet “wahou”. Elle peut devenir un véritable outil de transmission culturelle, capable de rendre les œuvres plus accessibles, plus vivantes et plus engageantes.